Le dernier enfant – Philippe BESSON

24 mars 2021

Dans ce roman tout en nuance et en délicatesse, nous accompagnons Anne-Marie dans une journée bouleversante de sa vie de mère, le départ de la maison de son dernier enfant.
C’est à la fois banal, son dernier fils quitte le nid familial pour suivre ses études, et déchirant car Anne-Marie vacille.
Chaque détail de cette journée du déménagement de son fils l’entraîne sur le chemin des souvenirs et de la nostalgie.
Philippe Besson est admirable de justesse dans son portrait de la douleur de cette maman qui se retrouve vidée de sa substance.
Très émouvant !


Le train des enfants – Viola ARDONE

24 mars 2021

1946 : Amerigo a 8 ans, il vit sans tendresse à Naples avec sa mère dans la misère d’après-guerre.
Le parti communiste, dans sa bataille contre la faim et la pauvreté, organise un train pour envoyer ces enfants pauvres dans des familles aisées du nord de l’Italie le temps d’un été.
C’est pleins d’appréhension qu’Amerigo, Tommasino et les autres vont parcourir les centaines de kilomètres qui vont leur ouvrir les yeux sur un autre monde.
Amerigo va découvrir la chaleur d’une vraie famille, l’initiation à la musique…
Le retour à la vie d’avant sera difficile.
Faut-il être loyal à sa famille de naissance à tout prix ?
Un roman très touchant !


Ame brisée – Akira MIZUBAYASHI

8 février 2021

Tokyo, 1938 – Yu le japonais, violoniste amateur, répète un morceau de Schubert avec 3 étudiants chinois restés au Japon malgré le conflit sino-japonais, lorsque des soldat japonais font irruption et embarquent le quatuor après avoir brisé sauvagement le violon de Yu.

Kurokami, un lieutenant humain et mélomane a bien tenté d’intercéder, mais en vain.

Un enfant dissimulé dans une armoire a vu toute la scène, c’est Rei le fils de Yu. Il ne reverra jamais son père dont ne lui restent qu’un livre et le violon détruit.

Ce violon brisé est le fil conducteur du roman puisque toute sa vie Rei voudra lui redonner sa splendeur passée.

Un roman plein de délicatesse et de sensibilité, construit comme un conte et écrit en français par son auteur japonais. Magnifique !


Génération offensée – Caroline FOUREST

20 janvier 2021

Dans cet essai passionnant, Caroline Fourest dénonce un phénomène très inquiétant surtout observé aux USA, mais qui commence aussi à se faire sentir en France. Il s’agit du reproche d’appropriation culturelle.
Tout est prétexte à être offensé : Seul un noir pourrait parler de racisme, seul un acteur homosexuel pourrait jouer un rôle d’homosexuel, seul un professeur d’origine indienne pourrait évoquer l’histoire des indiens…
Cela peut paraître anecdotique, mais aux Etats-Unis des professeurs d’université ont dû démissionner ou présenter des excuses publiques bien humiliantes, des chanteuses blanches se sont vu insultées pour avoir osé porter des tresses africaines…
Il s’agit d’un mouvement de pensée, presque une idéologie, qui dérive des mouvements anti-racistes et qui rend tout débat quasiment impossible tellement il y a d’intolérance et de refus d’échanger.
Un essai court qui donne à réfléchir.


Là où chantent les écrevisses – Délia OWENS

26 novembre 2020

1952 : Kia vit avec sa famille dans une cabane sans confort au cœur d’un marais côtier de Caroline du Nord aux Etats-Unis, jusqu’à ce qu’à l’âge de 6 ans, la mère les abandonne sans se retourner, suivie de près par les frères et sœurs de Kia.
Ils fuient tous la violence du père, qui lui-même finira par la quitter définitivement, la laissant à peine âgée de 10 ans.
Elle vit là comme une sauvageonne au cœur d’une nature qu’elle connaît parfaitement, vivant du troc de sa pêche, rusant pour échapper aux services sociaux, et préférant la compagnie des goélands et des hérons à celle des habitants de la petite ville côtière de Barkley Cove. Seuls, Jumping un vieux noir bienveillant et Tate un adolescent timide qui lui apprendra à lire, lui témoignent de l’affection.
Parallèlement, on suit l’enquête, en 1969, sur la mort du jeune et beau Chase, retrouvé mort dans le marais, et qui un temps courtisa Kia.
Les deux récits s’entremêlent avec virtuosité, ce roman est un véritable hymne à la Nature, à la liberté, à la force que chacun a en soi.
Une écriture riche et précise, un grand roman !


Il est des hommes qui se perdront toujours – Rébecca LIGHIERI

16 octobre 2020

Ce roman social très sombre nous plonge dans la cité fictive Antonin Artaud dans les quartiers nord de Marseille entre les années 80 et 2000.
Le narrateur Karel y vit avec sa famille, ses parents paumés et drogués, sa sœur et son petit frère infirme martyrisé par le père.
Leur enfance est abominable et c’est dans un camp de gitans sédentarisés voisin de la cité que les 3 enfants vont trouver un peu d’amour et de fraternité.
Le roman s’ouvre sur la mort du père.
Qui a tué ce monstre ?
Se remet-on jamais d’une enfance brisée…
Un roman coup de poing qui se lit d’une traite.


Cet amour – Yasmine KHLAT

16 octobre 2020

Irène est une femme d’une cinquantaine d’années, clouée dans son appartement parisien par ses TOC ( troubles obsessionnels compulsifs).
Un soir de détresse, au bord du suicide, elle appelle un psychiatre dont elle a apprécié la voix à la radio.
Un dialogue s’engage dans la nuit entre cette femme désespérée et le médecin.
L’ambiance est feutrée, intime, plus rien n’existe que cette bulle d’humanité, pleine de douceur et de poésie.
Mais le psychiatre est d’origine israelienne et elle, est libanaise. Le dialogue entre eux est interdit par la loi libanaise.
Pourront-ils dépasser cet interdit et confronter leurs fêlures intimes…


Lectures pour les vacances d’été…

24 juin 2020

Après une période bien mouvementée, voici du temps pour lire, se ressourcer et faire provision d’énergie
Alors quoi de mieux pour s’évader ?

Envie de frissonner ?

Envie de bienveillance et d’amour ?

Passion des sujets d’actualité ?


À la recherche d’Alice Love – Liane MORIARTY

29 avril 2020

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Alice a 39 ans quand elle chute sur la tête à la salle de sports, mais quand elle reprend conscience elle est persuadée d’en avoir 29 et d’être enceinte de son premier enfant.
Elle a tout oublié des 10 ans qui viennent de s’écouler, est mère de 3 enfants dont elle ignore tout, est toujours follement amoureuse de l’homme dont elle est en train de divorcer…
Elle ne se retrouve pas dans la femme qu’elle est devenue, si différente de la jeune femme qu’elle était.
Au fil du temps, elle va tisser des liens entre des bribes de souvenirs et essayer de comprendre comment on peut se perdre en chemin.
Une comédie douce-amère, légère et facile à lire, tout en posant quelques questions universelles.


Surface – Olivier NOREK

30 mars 2020
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Après avoir reçu une balle en plein visage lors d’une intervention, le capitaine de police Noémie Chastain, défigurée, part exercer son métier en Aveyron pour se reconstruire physiquement et moralement, et surtout parce que sa hiérarchie désire l’éloigner de Paris et du prestigieux 36.

Or, de façon inattendue, le petit commissariat tranquille de Decazeville va voir ressurgir un « cold case » autour d’un village englouti.

Ce roman policier est une vraie réussite, pas de temps mort, le rythme est soutenu, haletant, les personnages sont fouillés, avec notamment un beau portrait de cette femme marquée dans sa chair et son cœur.
Olivier Norek a été policier lui-même, sa maîtrise du déroulé d’une enquête est magistrale!


City of windows – Robert POBI

30 mars 2020

City of windows - Robert POBILucas Page a été agent du FBI jusqu’à ce qu’une intervention le laisse amputé d’un œil, d’un bras et d’une jambe, et depuis, c’est équipé de prothèses qu’il enseigne l’astrophysique à l’université.

Ses capacités intellectuelles hors- normes, il est probablement autiste Asperger, vont l’amener à reprendre du service.
En effet, il a la capacité de transformer toute scène qu’il analyse en équations et rapports mathématiques, ce qui sera précieux au FBI dans sa traque d’un sniper qui terrorise New York en tirant sur des policiers depuis les toits des gratte-ciel.
Cette course contre la montre va se jouer dans une tempête de neige d’une exceptionnelle intensité.

Ce thriller très réussi est aussi un plaidoyer contre les suprémacistes blancs et la NRA, puissant lobby des armes à feu aux États-Unis.


Ce que je suis – Olivier DORCHAMPS

21 janvier 2020

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Marwan, professeur d’histoire-géo en banlieue parisienne, est issu d’une famille d’origine marocaine qu’il connait assez peu .
Aussi, lorsque son père, garagiste à Clichy,  décède brutalement, il est très surpris d’apprendre que celui-ci désire reposer à Casablanca, et qu’il l’a désigné, lui Marwan le fils ainé, pour accompagner son cercueil en avion, tandis que le reste de la famille suivra en voiture.
Il va ainsi aller à la découverte du pays de ses ancêtres, et surtout de l’histoire de ses grands-parents et parents, et des lourds secrets qui ont orienté leur destin.
Il va vivre une sorte de voyage initiatique qui va lui ouvrir les yeux.

Un premier roman très touchant sur la question de l’identité des enfants d’origine étrangère, nés et élevés en France, et finalement très étrangers à la culture d’origine de leurs parents.


Les guerres intérieures – Valérie TONG CUONG

21 janvier 2020

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Pax est un comédien sans grand succès, aussi lorsque son agent l’appelle pour lui proposer un rendez-vous avec un grand réalisateur, il voit là l’espoir de voir sa carrière décoller.
Pressé d’aller rencontrer ce cinéaste, il se persuade que les bruits de lutte qu’il entend dans l’appartement au-dessus du sien  sont sans importance, sans doute des meubles que l’on déplace…
Mais lorsque plus tard il apprend que son jeune voisin a été sauvagement agressé, il culpabilise.
Comment vivre avec le remord?
Si il avait été moins lâche, aurait-il pu sauver Alexis?

Un an plus tard, la rencontre avec la mère d’Alexis réactive son sentiment de culpabilité. Comment admettre sa propre lâcheté et ses conséquences?


Tout le bleu du ciel – Melissa Da Costa

9 octobre 2019

livre-tout-le-bleu-du-ciel-da-costaÉmile a 26 ans et il vient d’apprendre qu’il est atteint d’un Alzheimer précoce avec une espérance de vie d’environ 2 ans. Il refuse alors de médicaliser sa fin de vie et publie une petite annonce pour trouver un compagnon pour l’accompagner pour un périple en camping-car.
C’est Johanne, une jeune femme silencieuse, sans doute blessée par la vie, qui répond.
Ce voyage qu’ils entreprennent va être très riche en émotions, en découverte de somptueux paysages, en rencontres fortes, et dans le territoire de cette inconnue qu’est la maladie d’Alzheimer.
Ce premier roman est bouleversant.


Ceux qui partent – Jeanne BENAMEUR

9 octobre 2019

livre-ceux-qui-partent-benameurJeanne Benameur nous raconte les destins croisés d’une poignée de migrants à Ellis Island en 1910 au moment de leur arrivée et de leur première nuit passée sur l’île.
Un jour, une nuit…Le temps pour ceux qui ont tout quitté de passer les contrôles avec le risque d’être rejetés…Ils vivent un moment charnière, pleins d’angoisse. « Chacun se blottit dans sa langue maternelle comme dans le premier vêtement du monde. »
Une écriture lumineuse, très poétique, sensuelle parfois, pleine d’émotion pour donner vie à Esther l’arménienne qui a vu tous les siens massacrés, à Emilia et son père Donato qui fuient la douleur d’un deuil en Italie, à Gabor le gitan, à Andrew descendant de migrants islandais…
Un roman aux résonnances très actuelles.